Description
Columbia
12 p. + parties séparées, Niveau 3
MP3
Jürg Kindle nous propose une série de
quatre pièces composées en 1995. Percussionniste dans de nombreux groupes de
rock à ses débuts, l'auteur étudie la musique puis publie chez Hug & Co,
maison d'édition suisse. II écrit alors des oeuvres pour guitare solo, ensembles
de guitares ou formations de musique de chambre, souvent à but pédagogique. Jürg
Kindle est actuellement professeur au Conservatoire de St GalIen en Suisse.
Guaguanco est une pièce assez rapide à quatre temps, dans le ton de ré,
s'inspirant de la danse du même nom qui est une des versions de la rumba
cubaine. Le guaguanco s'éxécute par couples et évoque le rite de la fécondité:
les mouvements fluides et rythmés des danseurs y sont très suggestifs. Kindle
nous conseille une noire à 96. Essentiellement écrite en double croches, la
composition sous-entend une bonne aisance guitaristique. Elle distribue
habilement les parties accompagnantes et chantantes entre les deux instruments.
Le motif mélodico-rythmique exposé au début revient régulièrement tel quel ou
«modulant», d'autres motifs agrémentant le discours musical. On fera attention
aux altérations accidentelles dès la mes. 35. L'homorythmie (mes 1 à 3, 13 et
14, 41 à 44...) et les rythmes décalés entre les deux guitares invitent à
travailler la mise en place. Vous l'aurez compris, l'intérêt de cette page
destinée au début du 2eme cycle réside avant tout dans son balancement
répétitif. La pièce Yambu répartit également bien les rôles entre les deux
guitares. Elle s'inspire d'une danse de séduction (issue de la rumba), au rythme
modéré et exécutée en couple. La femme séduit son partenaire, aidée par les
congas ou les cajones (instruments résonants en bois). Au début, la 1ère guitare
accompagne : rythme inégal et suave écrit sur deux mesures répétées et modulées.
On se promène en 7 et 8ème position durant tout le morceau. La deuxième guitare
elle, chante, l'écriture faisant alterner passages en gammes, en sixtes. . . Les
dialogues (accords de 2 et 3 sons) sont d'une bonne complémentarité rythmique :
ainsi ces syncopes utilisant des silences complétés par la 1ère guitare.
L'harmonie simple, souvent déroutante, accompagne la mélodie... non sans
monotonie. Le compositeur nous propose ensuite dans un tempo Andante, une
Columbia, danse traditionnelle cette fois pour un homme seul. Elle se
caractérise par la connivence qui se crée entre le danseur et le joueur de
quinto, le plus aigu des congas. Le rythme rapide suggéré par le trémolo met en
valeur les talents du danseur et sa virilité. La pièce, à quatre temps, s'ouvre
d'ailleurs sur un trémolo en homorythmie aux deux guitares! Vient une partie a
12/8 (1ere guitare) superposée à un 4/4 (2ème guitare). Encore une fois, le
travail de mise en place sera primordial pour la réussite du morceau. Les
positions, par ailleurs assez guitaristiques, ne troublent pas cet
apprentissage. L'ensemble sonne «gris métallisé» : un travail de duo didactique.
Pièce la plus amusante des quatre, le Cha-cha-cha fait référence à cette danse
du début des années 50 qu'on attribue à Enrique Jorrin, leader d'un orchestre de
Charango recherché du public cubain qui adorait alors cette danse. On dit que
les danseurs évoluaient sur un pas de trois bien sonore, d'où l'onomatopée qui
lui a donné son nom. Kindle écrit un cha-cha-cha à quatre temps autour du pôle
mi. N'en aurait-il que le nom? Il utilise des effets de percussions sur les
cordes ou la caisse de la guitare et ses indications sont précises : case
d'étouffement des cordes, percussion ou frottement entre la rosace et le
chevalet, sur la caisse près du suraigu, des basses, derrière le chevalet... Les
contrastes dynamiques mf, ff, p, f le sont également, aussi bien dans les
passages en notes que dans les effets de percussion (claves, congas, cuica,
etc...). On notera aussi un passage d'impro en percussions vers la fin de la
pièce. Voilà une belle occasion de développer des capacités créatrices à deux et
une expérience musicale intéressante à tenter dans l'intimité de la séance de
travail ou durant les auditions publiques.
(Josiane Rabemananjara, Les
cahiers de la guitare, 4e trimestre 20002)